Noir/gris

Les couleurs noir/gris

Périodes : 1390, 1400, 1410

Aire géographique : France

Personnages : Philippe le Hardi, Philippe II de Bourgogne

Famille : Bourgogne

Couleur : noir/gris

1Les couleurs noir/gris (1378)1

2Les Chroniques de France, relatant la venue de l’empereur Charles IV de Luxembourg en France en 1378, précisent qu’à Senlis le duc de Bourgogne reçoit son oncle accompagné de 500 chevaliers et écuyers vêtus de noir et gris. Ces couleurs se retrouvent dans ses comptes de 13782. Elles semblent temporaires puisqu’elles n’apparaîtront par la suite que chez Philippe le Bon. A l’occasion de cette entrée de 1378 le duc lui-même est vêtu de rouge et il habille pareillement Jean de Berry. Ce n’est donc pas la couleur du prince que porte sa suite mais une couleur d’hôtel choisie pour la circonstance. Si les livrées du personnel de Philippe le Bon ne transparaissent pas dans les récits des entrées impériales de 1377, on sait qu’en 1370 les draps rayés et marbrés dominaient3. Quelques années plus tard ses comptes nous apprennent qu’elles peuvent déjà contenir des devises. En témoigne la commande passée en 1386 « pour 23 aunes de drap blanc pour faire les devises de Mgr sur les robes des varles de son ecurie »4. Mais, en règle générale, ces livrées sont encore de couleurs variées, en fonction des offices, comme en témoignent les comptes de 13885. Les mêmes livrées sont distribuées au personnel de l’hôtel du comte de Nevers, futur Jean sans Peur6. Henri David note que les pages et les membres de la fauconnerie sont à plusieurs reprises vêtus en rouge et vert, les ménestrels et trompettes en pers, violet et blanc, la Paneterie et la Cuisine en gris et blanc7.

Bibliographie

Vaughan R., Philip the Bold. The formation of the Burgundian state, Londres, Woodbridge, 2002.

SCHNERB B., L'État bourguignon, Paris, Perrin, 2005.

Le temps des princes des fleurs de lis. L’art à la cour de Bourgogne, 1364-1419, Dijon, 2004

HABLOT L., « Ordres et devises des ducs de Bourgogne », Catalogue de l’exposition Le temps des princes des fleurs de lis. L’art à la cour de Bourgogne, 1364-1419, Dijon, 2004, p. 81-83.

HABLOT L., « Les signes de l’entente. Le rôle des devises et des ordres dans les relations diplomatiques entre les ducs de Bourgogne et les princes étrangers de 1380 à 1477 », Revue du Nord, n° 345-346, t. 84 avril/septembre 2002, p. 319-341.

PASTOUREAU M., « Emblèmes et symboles de la Toison d’or », L'ordre de la Toison d'or de Philippe Le Bon à Philippe Le Beau (1430-1505), idéal ou reflet d'une société ?, Bruxelles, 1996, p. 99-106.

KOVACS E., L’âge d’or de l’orfèvrerie parisienne au temps des princes Valois, Dijon, 2004.

Notes

1  LIOCOURT Colonel de, La mission de Jeanne d’Arc, Paris, 1974, p. 209, d’après les Inventaires et comptes des ducs de Bourgogne, t. II, p. 1082 et 1100.

2  PROST B. et H., Inventaires mobiliers et extraits des comptes des ducs de Bourgogne de la maison de Valois (1363-1477), Paris, 1910, t. II, article 96, 12 février 1378 (n.s.): « … comme l’empereur devoit arriver, le duc de Bourgogne manda plusieurs chevaliers de son hôtel, de son pays et d’ailleurs, pour estre à sa suite, et l’accompagner à l’arrivée et à la réception de ce monarque, et les habilla tous à cet effet d’un velueau, moitié noir et gris. Il habilla d’un satanin aussi moitié noir et gris plusieurs écuyers qu’il avoit aussi mandez pour cela. Pour luy et son frere, le duc de Berry et d’Auvergne, il se fit faire une houpelande… d’un atabis teint en graine ».

3  « Deux draps, l’un marbrey de Louvyers, l’autre d’Ippre… pour la livrée des veneurs, aides, varlez de chiens, des paiges et vallez de leuvriers de Mgr », PROST, t. I, article 1229.

4  PROST, t. II, article 1437.

5  La livrée de 1388 accorde l’écarlate au chambellan, au trésorier des guerres, au receveur général des finances le vermeil aux trompettes ; le vermeil et noir aux ménestrels ; le vermeil et vert aux pages, palefreniers, écuyer tranchant ; le rosé au chirurgien ; le marbré aux médecins ; le sanguin au tailleur ; le vert et bleu aux valets de chambre, de tapisserie, de garderobe, de fauconnerie, de rivière, de chiens et de chevaux de somme, aux messagers ; l’iraigne aux fauconniers ; le bleu foncé aux sommeliers ; le bleu foncé et gris aux charretiers ; le bleu brun et bleu clair à l’échansonnerie ; le vert et gris à la panneterie ; le violet et gris à la fruiterie, à la cuisine et aux fourriers ; le sanguin et gris aux maître-queux ; le gris aux valets de forge ; le noir et blanc aux chapelains. PROST, t. II, articles 2647 à 3020.

6  En 1388, pages et palefreniers sont vêtus de drap vert et vermeil, les valets de chambre et les échansons de drap pers, la panneterie de drap violet et le reste des serviteurs de drap gris et violet, PROST, t. II, articles 2655, 2692 et 3020.

7  DAVID H., Philippe le Hardi, duc de Bourgogne et co-régent de France. Le train somptuaire d’un grand Valois, Dijon, 1947, p. 78.

Pour citer cet article

(2013). "Noir/gris". Devise - CESCM - Maison de Bourgogne | Les familles | Philippe II de Bourgogne.

[En ligne] Publié en ligne le 28 septembre 2013.

URL : http://base-devise.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=1470

Consulté le 16/11/2018.


Philippe II de Bourgogne - Philippe le Hardi

  • Nom : Philippe II de Bourgogne
  • Surnom : Philippe le Hardi
  • Dates : 1342 †1404
  • Fonction : comte de Touraine de 1360 à 1363, duc de Bourgogne de 1363 à 1404, comte palatin de Bourgogne et comte de Flandre de 1369 à 1404, comte de Nevers de 1369 à 1385 et de Rethel de 1369 à 1393
  • Père : Jean II le Bon, roi de France
  • Mère : Bonne de Luxembourg
  • Épouse : En 1369, Marguerite de Male (1350 †1405), veuve de Philippe de Rouvres (1346 †1361), duc de Bourgogne
  • Enfants : Jean (1371 †1419), duc de Bourgogne ; Charles (1372 †1373) ; Marguerite (1374 †1385), épouse de Guillaume IV de Bavière, comte de Hainaut ; Catherine (1378 †1425), épouse de Léopold IV, duc d’Autriche ; Bonne (1379 †1399) ; Marie (1380 †1428), épouse d’Amédée VIII, duc de Savoie ; Antoine (1384 †1415), duc de Brabant ; Philippe (1389 †1415), comte de Nevers et de Rethel ; illégitimes : de Marie d’Auberchicourt, dame du Risoir, Henri du Risoir (1360 †1409), Suzanne de Brabant, épouse de Jacques Wytvliet.  
  • Armoirie : A partir de 1363 : écartelé au 1 et 4 de France (d’azur semé de fleurs de lis d’or) à la bordure componée d’argent et de gueules, au 2 et 3 de Bourgogne (bandé d’or et d’azur à la bordure de gueules) ; supports : deux lions ou deux anges ; cimier : la fleur de lis carrée d’or
  • Ordre : Fondateur de l’ordre de l’Arbre d’or, membre de l’ordre de la Cosse de genêt


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Dernière mise à jour : 15 janvier 2018

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